IRONMAN NICE 2007 par Brisefer et La Loutre
L’Enfer des uns est le Paradis des autres …
Préambule
Apres une saison triathlétique
blanche en 2006 pour cause de Trails (tiens un jour il faudra qu’on vous
raconte également cette plaisanterie), la décision est apparue assez rapidement
début 2007 … 2007 sera l’année WTC ou jamais. Il a donc été décidé que nous
ferions un Ironman pour essayer de qualifier Sandra pour Hawaii … le mot était
lâché, la pression immédiatement plus forte ;-)
Notre premier choix fut Lanzarote. 2 raisons à cela, la
première étant que cela a lieu au mois de Mai donc assez tôt pour pouvoir
envisager d’autres courses derrière si besoin (bein oui la qualif …), la
seconde étant que généralement on atteint souvent un premier pic de forme au
mois de Mai.
Alors pourquoi se retourner vers Nice ? et bien la facilité tout simplement et un coût réduit. Apres
avoir étudié de près la logistique d’un déplacement sur Lanza,
il semblait difficile d’envisager un autre voyage dans l’année. On a donc
choisit l’option de courir à la maison … l’Ironman de Nice sera notre objectif
N° 1 en 2007 malgré sa course a pied sur la Prom’ qui nous inspire
guère !!
La loutre : la responsabilité de la qualif’ « du couple » sur le dos (et en plus c’est vachement lourd !) j’entame ma préparation mentale, car finalement un ironman c’est tout dans la tête J
La Préparation
On ne change pas une équipe qui gagne !!! On a donc
fait confiance une fois de plus à Christian Hamel pour nous préparer cette
année. Son aide nous est vraiment précieuse de part ses planifications et
séances de qualité, mais aussi car ça simplifie notre démarche d’entraînement
« à deux » J
En effet, il est bien plus facile de recevoir nos séances d’une personne
« extérieure » , ce qui évite d’avoir
l’impression que l’un impose des entraînements à l’autre !!
La loutre : ce qu’il sous-entend c’est que je suis une chieuse qui a toujours à redire sur l’entraînement proposé , donc il préfère pas me coacher J
Notre préparation a été quelques peu adaptée cette année
pour coller au plus prêt à notre objectif … à savoir que la course à pied est
primordiale et prend le pas sur le vélo si on veut faire une performance sur
Ironman.
En bref, moins de natation cette année (2/3 séances de
3/3.5km par semaine), moins de vélo également avec très peu de sortie longue
mais par contre plus de course à pied et surtout plus de séances spécifiques de
qualité.
Pour les chiffres, on a dû tourner à une moyenne
d’environ 12h par semaine, seulement 3 sorties de 140km (cyclosportives
comprises) et quelques courses de préparation : cyclo la Charly Bérard,
l’Antiboise, La Louis Caput, le semi de Nice pour un avant goût de promenade
des Anglais et le Triathlon Moyenne distance de Carcassonne un mois avant
Nice.
Nous n’aurons finalement même pas repéré le parcours vélo
en intégralité, mais par contre il vrai que nous connaissons bien ces routes
qui sont nos routes habituelles d’entraînement.
La loutre : j’ai un peu traîné les pieds pour faire
le semi de Nice (parlez-en à Christian, il vous expliquera) mais ce fût un peu
un déclic : la veille on avait fait
la louis Caput et le lendemain les 21 km sont bien passés, alors je me suis dit
plus ka reproduire çà le jour J ! J
Les Objectifs
Pour Sandra, l’objectif est de faire une course en 11h.
C’est à peu prêt le temps dans lequel se joue habituellement la qualif dans sa
catégorie d’âge. La difficulté étant évidemment qu’il n’y a qu’une seule place
… donc la marge de manœuvre est réduite. Les prévisions pour Sandra :
environ 55’ dans l’eau, 6h sur le vélo et 4h sur le marathon, ce qui
effectivement devrait pouvoir se terminer par un finish en 11h.
En ce qui me concerne, la qualif étant un doux rêve, mon
objectif était de nager en 1h, rouler en 6h (avec les 2 transitions) et tenter
un marathon en 3h30.
Notre « tactique » étant pour tous les 2 de
faire une natation solide, un vélo sur la réserve pour pouvoir ensuite passer
une bonne course à pied !
La loutre : J-7 before the race
Plus qu’une semaine , la pression monte ... mais je suis
sereine je n’ai plus aucune sensation dans l’eau ( mal au bras après un
entraînement intensif de 15m dans ma piscine privée), le petit tour de vélo de 20 km effectué
mercredi m’a parue interminable…(jambes
lourdes), je me suis rajouté une petite dose de stress avec un oral d’examen le
mercredi comme çà mauvaise nuit avant
(le mardi) et mauvaise nuit après (le mercredi) ! (qui a dit qu’il fallait
bien dormir la semaine avant la course)
Vivement dimanche pour en découdre, C’est bon signe ;-)
The Race !!!by brise fer commentée par la loutre
Chapitre 1, la grande lessive
Ya plu ka
Réveil 4h du
mat … du classique à la différence près qu’on a dormi chez nous donc grand
confort et moins de stress. Encore du classique avec l’incontournable Gatosport d’avant course qui ne passe toujours pas vraiment
et c’est déjà l’heure de se mettre en route direction Nice et sa promenade.
A notre arrivée sur place on constate une fois de plus
qu’on est pas en avance … on aura tout juste le temps de gonfler les pneus,
enfiler les combis et déposer les sacs avant de se diriger vers le départ.
Cette année l’organisation a prévu des
sas de départ afin de limiter la cohue et regrouper les nageurs par niveaux …
l’idée de départ semble bonne. Cela fait donc déjà 15 jours que Sandra me pose
la question tous les jours de savoir s’il vaut mieux se mettre dans le sas des
50’ ou des 55’ …
La surprise est que les temps de référence pour chaque
sas seront finalement assez surprenant … un sas PRO puis un sas 1h02, 1h10 et
ainsi de suite. Autant dire que beaucoup de triathlètes se retrouvent dans le
sas 1h02 … soit car ils nagent bien plus vite, soit car ils espèrent nager vite
ou s’accrocher aux nageurs plus rapide. J’hésitent un instant à me diriger vers
le sas 1h20 tout à ma gauche car celui-ci me semble bien mieux aligné avec les
bouées et plus tranquille, j’ai appris après la course que quelques pros
avaient fait ce choix et visiblement c’était le bon.

Je suis donc à la bourre et me place en 4/5ème
ligne de mon sas 1h02. Je vois Sandra devant en première ligne de ce même sas
juste à droite des pros qui sont dans le sas à côté. C’est plutôt bon signe,
elle devrait pouvoir faire une belle nat.
Et les fauves sont lâchés !!! Je pars assez
rapidement (pour mes modestes qualités de sprinteur) et me trouve finalement
assez rapide par rapport aux nageurs m’entourant. C’est assez remuant pendant
300m le temps de pouvoir s’écarter un peu de la meute et pouvoir prendre un
rythme plus régulier. J’ai du mal à m’orienter sur cette première boucle, la
faute à une légère houle et des bouées oranges finalement pas si grosses que
çà. C’est pas bien grave, ya du monde devant, je me contente de suivre même si
je sens bien qu’on ne va sûrement pas au plus court L
Et ça mouline donc les bras pour en finir avec une
première boucle, petite sortie à l’australienne pour que le public en délire
puisse nous voir (nous on voit pas grand chose à l’inverse) et c’est reparti
pour une deuxième boucle dans la Grande Bleue. Je m’oriente beaucoup mieux et
cette mise en bouche passe finalement assez vite car moins lassante que le
parcours de 4km de l’ancien Nice sur une seule boucle.
Et hop on mets les pieds sur le
tapis, le chrono affiche 57’ donc je suis dans mes temps prévisionnels. Je
tends l’oreille et entends par le speaker que Sandra est sortie en tête de
l’eau chez les filles en 53’ avant de s’élancer en deuxième position sur le
vélo, c’est une bonne nouvelle !!!
La loutre : Comme d’hab’ nous
arrivons dans le parc les derniers, tout le monde est déjà « huilé,
combiné et sur la plage ». Mais il y a pas le feu la journée va être
longue…
Sur la route vers la plage, René me rappelle qu’il faut que je me détende
et que je vive pleinement l’Ironman et son ambiance ! ouais
facile à dire Jon verra ce soir !
Sur la ligne de départ : je me place devant dans le
sas 1h02 le cœur battant dans l’attente du GO libérateur…après un premier faux
départ , la course est lancée… Un petit sprint au départ pour se détacher du
groupe et voilà c’est parti mon
kiki :
Le 1er tour se passe tranquillement à
l’arrière d’un petit groupe, j’essaye de m’orienter tant bien que mal, viser
les bouées oranges avec la petit houle (et pas les bonnets) et la sortie de
l’eau pour l’australienne, un passage éclair sur la plage avec les
encouragements : « il parait que je serais la 1ère féminine »
alors pourvu que ça dure …
Le 2ème tour se passe, seule au milieu de la
grande bleue (je sais pas comment certains se démerdent pour trouver des pieds
mais moi je suis vraiment bidon à ce jeu-là, il faut que je demande des
conseils), dans les derniers hectomètres je me fais reprendre par un groupe qui
sprint pour l’arrivée, cela me fout les boules alors je décide de ne pas me
laisser faire et je m’accroche pour finir avec eux !
Sortie d’eau rocambolesque avec les galets mais bon, j’ai
évité la chute, alors …tout va bien, ensuite passage sous les douches et sous
le chrono 53’, je suis plutôt agréablement surprise j’avais prévue 55’ donc
avec mes 2’ d’avance sur mes prévisions j’entame la deuxième partie de cette
longue journée : longue ballade en deux roues dans les collines de
l’arrière pays niçois (dis comme çà cela donne presque en vie !
hein !!! ;-)
Intermède 1
L’Ironman c’est tout une logistique, et vasi (vasa) que
je te prends un sac rouge, je cours sous ma tente, je me change, je mange un
morceau, je remets la combi dans le sac rouge et enfin je peux courir vers la
mobylette qui se trouve à 1km tout au bout du parc J
Cette année on avait décidé que chaque minute gagnée
serait bonne à prendre donc on avait choisit l’option de ne pas changer de
tenue tout au long de la course, la tenue étant portée sous la combinaison
pendant la natation.
2 km de transition plus tard (depuis la sortie d’eau)
j’enfourche ma monture…
Chapitre 2, bicyclette
« Quand on partait de bon matin, Quand on partait sur les chemins, A
bicyclette, Nous étions quelques bons copains… A bicyclette … » (en
chantant s’il vous plait)
Un beau parcours de 180km nous attend !!! On ne peut
pas reprocher grand chose à ce parcours, il est beau,
ni trop sélectif ni pas assez, un superbe parcours pour un Ironman.
Le départ sur la promenade se fait à
allure modérée car la route est longue, je laisse donc passer les Jürgen,
Andréas et autre Holger aux grosses cuisses qui
partent le couteau entre les dents sur leur machine. Je rattrape Alex (Louison)
sur la promenade et me dis alors qu’elle a dû faire une belle natation qui va
la mettre sur les bon rails pour la course. 20km de plat plus tard, virage à
gauche et le parcours commence pour de vrai !! je
mets tout à gauche et monte sans m’exciter cette première petite bosse qui va
nous mener vers Gattières. Certains se font déjà
surprendre par le départ de la bosse qui est assez raide et sont obligés de
mettre pied à terre après d’infructueux passages de vitesse en urgence.
Arrivé à Gattieres, Alex est revenue sur moi et je décide
de calquer mon rythme sur le sien car je sais qu’elle fera un vélo solide mais
surtout régulier. Cette partie intermédiaire jusqu’à pont du loup se passe donc
tranquillement sur la rallonge. Tout parait Ok à l’exception prêt que j’arrive pas à avaler quoi que ce soit. La moindre
nourriture dans ma bouche me donne immédiatement la nausée, je ne peux rien
avaler L Je continue cependant de boire et me
dis que ça devrait revenir plus tard.
Le début de la « grosse » difficulté vélo du
jour se passe bien, je monte à Châteauneuf sur un bon
rythme mais toujours sans m’occuper des avions qui me doublent. Connaissant les
qualités d’Alex en côte, on discute une dernière fois avant d’arriver sur
Chateauneuf et je lui dis qu’elle va sûrement s’envoler dans la montée vers
Gourdon. La réalité sera bien plus cruelle … en fait ce sont mes forces qui
vont m’abandonner dès les premières rampes vers Gourdon. Je n’avance plus et ce
malgré beaucoup d’efforts ce qui m’inquiète d’autant plus. Connaissant le
parcours, je me rassure et me dis que chacun passe par des moments difficiles
et que cela reviendra plus tard. Malheureusement, ce calvaire va durer jusqu’à
Caussol, jamais je n’arriverais a retrouver des forces dans cette difficulté et
je vais y perdre surtout beaucoup d’énergie. A mi-pente dans le col de l’Ecre, j’aperçois Sandra un petit lacet au dessus, mais j’ai
déjà compris que si je ne retrouve pas des forces je ne la reverrais
jamais J à croire que je suis devin !!
En haut du col je suis dans un état catastrophique, je
n’arrive pas à me relancer sur le plat, j’ai un petit coup de froid (jamais bon
signe…) et toujours impossible de me restaurer. Je m’arrête alors pour
satisfaire un besoin naturel et j’essaie de manger un peu en me calmant, sans
succès. L’idée d’abandonner me trotte alors dans la tête, mais je veux terminer
ce parcours vélo.
Je repars donc sachant que le plus dur du parcours est
passé et que maintenant c’est nettement plus roulant. Cette partie qui nous
mène jusqu’en bas de St Pons me permet de récupérer, de positiver et de me remettre
un peu dans la course. La montée de St Pons se passe bien mieux même si je n’ai
pas le rythme espéré et je ne perds plus beaucoup de place
maintenant. Seul bémol … les premières
crampes apparaissent en haut de la montée. C’est un signe que je ne suis pas
dans des conditions optimales et qu’il y a eu un soucis
sur ce début de parcours. Mais je sais aussi qu’une fois passé cette côte, le
retour est exclusivement plat ou descendant, donc je
fais passer mes crampes et garde un peu d’espoir. L’A/R en haut du col de Vence
me permet de croiser Sandra qui me semble alors plutôt bien et concentrée. Elle
est alors en 6/7ème position et les athlètes PRO n’ont pas creusées
tant d’écart que cela. Je croise également Cricri mais manque Xav et Steph.
Place maintenant à la descente où évidemment on a un net
avantage de part notre bonne connaissance de ces tronçons. Ca me permet enfin
de prendre un peu de plaisir et de doubler à mon tour… enfin J Ce plaisir sera de courte durée car rapidement
(oui bizarrement on descend toujours plus vite que l’on ne monte … ) je me retrouve sur le plat pour rentrer et je constate
que tout n’était qu’illusion … je n’ai toujours pas de force. Il va me falloir
me battre sur ce retour, contre le vent (oui yavait du vent quoique pourra en
dire Sandra), contre mon gros plateau (de 51 dents) qui me fait mal aux jambes
et espérer cependant que le marathon se passe mieux.
Ces derniers kilomètres sont interminables, la Prom’ est
2 fois plus longue qu’à l’aller … mais c’est la fin et ça représente la fin du
calvaire. Je sais que sur le marathon ça sera du quitte ou double. Je ne
cherche pas un finish, je voulais faire une belle course, ce qui pour moi
signifiait un beau marathon couru de bout en bout à bonne allure.
La loutre : 180 km c’est long alors mot d’ordre ne jamais
s’exciter ! (pour ceux qui me connaissent savent
que cela ne sera pas trop dur pour moi)
Départ prudent sur la prom’
avec ma moto personnelle qui n’arrête pas de me suivre et en plus avec une
caméra, j’essaye de leur expliquer que je ne vais pas rester en tête de course
pendant longtemps (2ème à cet instant) mais elle persiste… Sur le
plat de la vallée du Var les jambes tournent tout va bien, puis virage à ma
droite (donc à gauche pour tout le monde) et arrive le passage du « petit
mur de Carros » (endroit bucolique où la route monte droit dans la
montagne sans virage, sans artifice enfin une route comme on les
aime !) : grand moment de debout sur les pédales avec le
sourire, eh oui je suis filmée…
Je continue ma route avec l’espoir que ma nausée récurrente va cesser, car le 640 à la
banane est plutôt difficile à avaler, enfin je me force car je sais que
l’alimentation est primordiale sur Ironman.
Je me rassure quand même en me disant que pour l’instant
le musculaire tient le coup, c’est sans compter la montée Gourdon – col de l’Ecre où commence un grand moment de solitude : pas de
rythme et des vélos et toujours des vélos qui me doublent… je commence à
gamberger (dois-je abandonner ?) et puis dans un éclair de lucidité tu te dis « cela
fait 6 mois que je vis Triathlon, que je mange triathlon alors abandonner hors
de question »… Pourvu que les jambes reviennent … ouf arrive le plateau de
Caussol où je retrouve un bon rythme, je reprends
espoir !
Enfin je peux repasser mon gros plateau de prédilection, ouais
enfin quand j’y arrive sans dérailler car maintenant j’ai trouvé une nouvelle
occupation : la mécanique et les
mains dans le cambouis me manquaient un peu, alors je décide de m’arrêter 4
fois pour remettre ma chaîne! Un peu de piment (rose !) dans la
course ne fait jamais de mal à
personne !
Au moins, cela m’occupe et chemin faisant je me retrouve
en haut de Saint-Pons et donc plus que de la descente et du plat, la bonne
affaire je passe la plaque et je vole vers la prochaine épreuve avec un petit
coup d’œil sur le compteur qui m’annonce un temps vélo tout à fait honorable
par rapport aux sensations… et de DEUX
Intermède 2
Première épreuve,
retraverser le parc vélo en courant. C’est pas
gagné, mon tendon droit n’aime pas trop çà et me le fait savoir. Je me rassure
en me disant que généralement cela va beaucoup mieux une fois les runnings enfilées et que ça chauffe en courant. Je prends
mon sac vert et m’assoies pour mettre mes chaussures …. Et c’est la deuxième épreuve … impossible de
mettre mes chaussures !! je suis perclus de
crampe et n’arrive pas à mettre les chaussures. Mes jambes sont tendues comme 2
bouts de bois et ne veulent rien savoir. Apres quelques acrobaties j’arrive
tant bien que mal à mettre le bordel … et c’est le temps qu’il faut à Xav pour me rejoindre sous la tente. On discute
30 secondes et finalement on repart ensemble.
Je pose mon vélo et suis surprise par le petit nombre de vélo dans le parc, c’est plutôt bon
signe. J
Double Couche de crème plus tard, je pars avec mes
chaussettes magiques sur la partie pédestre…
Chapitre 3, le piedatlhon
La Course à pied ou « tout dans la tête »
Xav part vite pour mes tendons et me fait
un peu souffrir sur les 300 premiers mètres. On court ensemble jusqu’au premier
ravitaillement où je prends mon verre de boisson énergétique et continue … je
me retourne et plus de Xav à l’horizon. Alors je décide de continuer à mon rythme.
Ce premier A/R va bien se passer, une petite pause pipi
et une bonne allure dans mes prévisions. J’ai déjà croisé Sandra une fois et
elle court à une belle allure elle aussi, elle semble imperturbable. Je prends
le chouchou et attaque la deuxième boucle mais manque de bol les crampes aussi
attaquent la deuxième
boucle.. Et
paf le mollet gauche tout dur. Cette crampe là je la connais … quand le tendon
droit fait des siennes, le mollet gauche en souffre.

C’est un gros coup au moral car je comprends alors que je
ne pourrai pas courir jusqu’au bout … je prends alors la décision de marcher un
peu et d’attendre Xav pour continuer la route avec lui. Mais où es-tu Xav ???? Finalement j’avais fait un bon trou sur ce
premier tour mais Xav finit par me rejoindre avec sa bonne humeur légendaire.
On continue notre bonhomme de chemin mais l’allure est
douloureuse, j’ai l’impression de courir un peu sur place et ça n’est pas pour
arranger mes problèmes musculaires. Je sais déjà que je n’irai pas au bout car
je ne veux pas finir en marchant. Au 15ème km, on croise René
(Rovera) assis dans l’herbe, il vient d’abandonner. Ah bein si c’est là qu’il
faut s’arrêter je m’arrête aussi alors … je m’assis dans l’herbe et on en
profite pour discuter de sa course. Je ne suis pas épuisé, je suis lucide mais
je sens qu’une fois de plus je suis vide musculairement.
Je sais qu’il me faudra rentrer donc j’attends le passage
de Sandra pour l’accompagner et finir son 3ème tour avec elle. A son
passage je reprends la route et me dis que ça lui fera toujours un peu de
distraction même si je vois bien qu’elle n’en n’a pas besoin au vu de sa
détermination. On finit donc ensemble son 3ème tour et je repars
avec elle pour son dernier tour. Tout va bien se passer jusqu’au dernier
demi-tour où je sens mes adducteurs se raidir. J’en profite pour faire une
dernière pause « pipi » mais au moment de redémarrer j’ai 2 crampes
aux adducteurs qui m’empêchent complètement de courir. C’est la fin, je dois me
résoudre à rentrer tranquillement tant bien que mal. De toute façon, je m’étais
déjà résolu à ne pas faire la dernière boucle.
La loutre : 4 tours sur la prom’ (Vous
allez me dire que cela va être long, long, voire interminable et bein oui je vous l’avoue c’est long et en plus c’est dur…)
Alors je pars en direction de l’aéroport tant bien que
mal et 3 ravitos plus loin : le demi-tour, là je m’autorise à
regarder ma montre 25’ très très encourageant vu les
sensations, pourvu que cela dur !!! J
Je me fais un copain (un Genevois), c’est aussi son 1er
Ironman et vu qu’on a le même rythme on décide de
courir ensemble, on discute, on se ravitaille et donc on avance vers cette
ligne d’arrivée… alors tout va bien !
1er tour bien, 2ème tour encore un
peu bien, 3ème tour la difficulté commence mais Gwenou
nous rejoint alors ça change les idées !!! et
puis arrive le 4ème tour le DER et là on se dit que tout ce qu’on
fait on ne le refera plus… on oublie la douleur (enfin les douleurs) et on vise
la ligne et on y croit … On sait qu’on va le finir et en plus de belle façon
alors là on savoure… et on passe la ligne d’arrivée !
Epilogue
Nice la maudite …. Et oui sur 4 participations au
triathlon de Nice j’en suis à 2 réussites pour 2 échecs. Nice ne me réussit visiblement pas … autant
physiquement que psychologiquement. On ne peut toutefois pas reprocher grand-chose
à cette épreuve mis a part son prix d’engagement
évidemment. L’organisation y est au top,
les ravitaillements très copieux et les parcours superbes. Personnellement
j’aurais préféré une course a pied en une ou deux boucles plutôt que 4 A/R sur
la Prom’ mais je conçois que cela puisse plaire a certains.
Mon bilan personnel est que je commence à croire que ma
faible constitution musculaire et tendineuse ne me prédispose pas à cette durée
d’effort et qu’il me sera difficile de faire des performances correctes sur
cette distance. On a également fait le constat que notre volume d’entraînement
(vélo notamment) est insuffisant sur
cette distance et nous oblige à subir la course. Avec notre volume
d’entraînement et surtout nous connaissant (et oui on est des faignants), on
pense maintenant s’aligner sur des Moyennes Distances au maximum, distance sur
laquelle on a encore l’impression de vraiment faire la course.

La cerise sur le gâteau !!! C’est bien évidemment la
fabuleuse course de Sandra qui a pulvérisé toutes nos prévisions les plus
folles. Une bonne natation, un vélo solide malgré des sensations mitigées et 4
déraillements et enfin un marathon bouclé en 3h44, soit a peine 8’ de plus que
son record sur marathon sec !!
Elle termine 1ère de sa catégorie 30/34 et 11ème
féminine au scratch. Objectif atteint, elle décroche l’unique Slot pour Hawaii
dans sa catégorie J
10H39 même dans mes rêves les plus fous je ne m’imaginais
pas être capable de faire ce temps là, mais voilà j’y suis arrivée, j’ai fini
Nice et j’ai ma qualif’ pour hawaii. ..
Que du bonheur !!! J (Juste un petit regret pour mon Gwenou (Brisefer) qui n’a pas pu
terminer sa course)
Encore de grands bravos à tous les mauves (et jaunes
fluo) qui ont terminé cette belle course et surtout à tous les supporters
qui nous ont encouragé tout au long de cette journée !
Pour les
archives :
Classement Nat T1 Vélo T2 Cap Total
Sandra 190ieme – 1ère F30/34 53’39 4’35 5h51’07 5’22 3h44’36 10h39’
Gwen DNF 57’20 5’07 5h57’41 6’36 DNF DNF
Aloha et
Rendez vous en Octobre ;-)
Hawaii
me Voilà J !!!